Les mots sont vains dans de telles circonstances pour exprimer tout le chagrin et toute la colère accumulée contre la fatalité.
Claire, nous ne la connaissions vraiment que depuis peu de temps, depuis qu’elle avait décidé de s’entraîner avec les seniors féminines. Sa gentillesse et son large sourire lui avaient conféré une place à part, une place de choix au sein de ce groupe dans lequel elle avait le souci permanent d’être discrète.
L’annonce de son accident a été perçue comme une tornade dans "son" équipe où les joueuses se regardaient interloquées dans un mélange de tristesse et d’incompréhension.
Elles auraient aimé Dimanche dernier remporter une rencontre de basket-ball pour pouvoir la lui dédier, mais sans doute le chagrin leur avait coupé les jambes.
Et puis ce midi, dans une cérémonie de recueillement à la fois émouvante et digne, Claire s’en est allée. Son père nous a demandé de garder d’elle l’image d’"une femme de cœur honnête". Vos désirs seront exaucés, Monsieur ; c’est bien parce qu’elle avait du cœur que Claire est entrée à jamais dans le nôtre.
Je ne voudrais pas oublier de dire, parce que je le pense, à quel point Frédéric peut être fier de ses amis. A vous les Sasa, Orlando ou autres Téva, Alexandre et Antonin, (et ceux que j’oublie), je voudrais dire que vous êtes des hommes bien avec un cœur gros comme ça et que tant que vous serez là j’aurai envie de me battre pour conserver aux Kangourous cette bulle de bien-être que je ne trouve nulle part ailleurs.
Je suis triste, mais pas abattu.
Courage mon Fred.
Franck